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Mise en ligne : 18/08/07 Jean-Michel Ponzio
Né le 30 janvier 1967, Jean-Michel Ponzio développe très tôt un intérêt pour l'illustration. Dès l'âge de 18 mois il tient déjà un crayon et dessine. Diplomé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art (E.N.S.A.A.M.A) de Paris en 1986, il remporte un concours de la première œuvre vidéo organisé par CANAL + en 1990 et réalise ensuite son premier court métrage Aller-Retour qui est primé l'année suivante au Festival de Gérardmer. En 1993, il exerce la profession d'assistant formateur et réalise d'autres courts métrages en 3D. Au cours de cette même année, il reçoit à Imagina le Premier Prix Pixel Ina pour son court-métrage Futuropolis. En 1994, il participe à l'élaboration des principaux décors et costumes du projet 20 000 lieues sous les mers. En 1995, il est infographiste dans la société Fantôme. En 1996, il rejoint l'équipe de Buf Companie dans laquelle il se spécialise dans la création de décors, de design futuriste pour différentes productions telle que la publicité, les habillages télé et les longs métrages pour le cinéma (Batman, les Visiteurs II, Fight club). En 2000, il fait ses premiers pas dans l'illustration de couverture de livre pour les Editions J'ai lu. Il est aussi l'auteur de bandes dessinées, domaine où il exerce désormais le plus.
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- Bonjour Jean-Michel. Dernier Exil est votre dernière bande-dessinée. Est-ce que vous vous souvenez de la façon dont l’idée d’adapter le livre de Jacques Spitz, l’Oeil du Purgatoire, vous est venue à l’esprit ? Très bien. J’ai découvert ce livre à l’age de 14 ans, et avais été très frappé par l’histoire. Plus tard, vers l’âge de 21 ans, j’ai tenté de retrouver l’ayant droit, pour en faire une adaptation audio-visuelle, mais la technique de l’époque ne m’aurait pas permis une grande fidélité aux écrits de Spitz. Ce n’est qu’en 2004 que j’ai décidé de vraiment faire quelque chose de ce livre en l’adaptant en roman graphique de deux albums.
- Sur cette bande dessinée, vous travaillez seul. Etait-ce une évidence dès le départ ou avez-vous pensé travailler en collaboration avec un autre scénariste ? C’est effectivement un vrai choix de ma part. J’adore travailler avec des scénaristes qui me correspondent et dont les textes me parlent, mais quand il s’agit d’adapter de vieux écrits d’auteurs disparus, je préfère de loin avoir la liberté de visualiser seul, et de reconstruire les évènements décrits.
- Le roman est assez court mais très dense. Avez-vous rencontré des difficultés de réalisation, tant au niveau du dessin que du point de vue scénaristique ? Comme toutes adaptations, il m’a fallu élaguer, mais au final pas tant que ça. J’ai revu certains noms, réactualisé quelques dialogues, ceux du héros en particulier. A vrai dire, je ne me souviens pas avoir rencontré de difficultés particulières. Jacques Spitz a un style, très clair, bien qu’il décrive souvent des scènes complexes à imaginer. Du point de vue du dessin j’abordais une nouvelle technique de travail, celle qui consiste à prendre énormément de clichés, que ce soit pour les personnages ou les décors, et d’en faire des traductions graphiques. Bien que tout cela était nouveau pour moi, et conscient que tout est loin d’être parfait, je suis assez content du résultat. La 3D a aussi une grande part dans la réalisation de ces deux albums. La gageure pour moi étant de retranscrire le climat du livre, noir et dense, sans être gore. On ne fait que montrer l’envers du décor, tout cela devant paraître plausible et naturel.
- Cette œuvre est à cheval entre fantastique, science-fiction et drame psychologique. A-t-on besoin de s’identifier aux personnages pour transcrire une telle œuvre ? Tout à fait, oui. De plus, l’identification en est plus facile car le personnage parle à la première personne, comme dans le roman. Le fait qu’il y est très peu d’acteurs ajoute encore.
- Vous semblez avoir utilisé une méthode très particulière pour réaliser vos dessins. Comme pour les jeux vidéo, vous passez par un jeu d’acteur. Pouvez-vous nous en dire plus ? Oui, il s’agit de choisir des gens qui pourraient incarner mes personnages, comme pour un film. D’ailleurs, les deux principaux protagonistes viennent du cinéma. Je voulais être très proche de la réalité, les images décrites dans le livre devaient paraître très réelles. En terme d’expressions, il n’y a rien de mieux à mon sens, que de traduire les visages de personnes existantes, surtout quand on veut dessiner dans un style très réaliste.
- Entre gris et sépia, la colorisation est magnifique et rend parfaitement une atmosphère très nostalgique. On retrouve de nombreuses teintes similaires dans le Complexe du Chimpanzé. Est-ce que ce sont des couleurs que vous aimez particulièrement travailler ? Le choix des couleurs est toujours quelque chose d’assez complexe pour moi. J’essaye de ne pas prendre trop de risques, sans toutefois être toujours dans les mêmes harmonies. Pour Dernier exil, je voulais presque que la couleur soit de plus en plus rare, en approchant de la fin de l’histoire, car notre personnage ne voyant plus le présent a une vision très noire d’un monde en décrépitude. Cela explique en grande partie le choix de l’utilisation du sépia, et des couleurs dessaturées. Pour le « complexe », l’idée était pour moi, d’éviter d’obtenir des teintes trop variées tout au long de l’album, du genre des bleus différents, des oranges et des verts trop changeant.
- Le deuxième et dernier tome de « Dernier exil » sort en Août. ...en septembre, en fait …
- Mais votre actualité ne s’arrête pas là, avec notamment la parution très remarquée du Complexe du Chimpanzé. Cette fois, vous travaillez avec Marazano. Qui a eu l’idée de cette histoire déroutante ? Richard en avait jeté les bases il y a quelques années. Plusieurs éditeurs étaient intéressés pour en faire une série. Je pense que Richard cherchait encore un dessinateur.
- Entre réalité, paradoxe temporel et expérience métaphysique, ce premier volet de la trilogie nous laisse agréablement plein d’interrogations. Sans nous dévoiler la suite du scénario, est-il aisé de maintenir ainsi le suspense chez son lectorat ? Absolument. Même moi, je n’ai que les grandes lignes des prochains albums. Et Richard apporte aussi pas mal de changements tout au long de l’écriture du scénario.
- A un moment donné, il y a un clin d’œil à Robbie, le célèbre robot de la Planète Interdite. Est-ce une façon de rendre hommage à une science-fiction des années 50 que vous affectionnez particulièrement ? Tous ceux de notre génération ont grandi avec ce cinéma là. Planète interdite, la Guerre des mondes étaient des films que nous avons découverts à la télévison. Mais les films les plus déterminants pour moi ont été ceux qui m’ont donné envie de m’intéresser au travail de décors et de création d’univers, d’ambiance. Alien m’a fait découvrir les designs de Ron Cobb, de Chris Foss, et de Moebius. Harzach, créé par ce dernier, m’a tellement fait rêvé. La courte histoire The long tomorow écrite d’ailleurs par Dan O’bannon reste une de mes BD préférées de Moeb. De là est venu mon envie de faire les arts appliqués. Blade runner et Brazil ont définitivement écarté tout besoin de faire autre chose.
- La planète Mars semble la destination et le cadre prochain de la trilogie. Est-ce que dans votre quotidien, cette conquête de l’espace relancée au profit du projet martien est quelque chose qui vous intéresse particulièrement ? Bien sur, il y a vraiment quelque chose de fascinant dans cette planète. La raison en est peut-être qu’elle est beaucoup moins proche que la Lune, mais au fur et à mesure du progrès, elle devient de plus en plus accessible.
- Dernières questions, concernant vos travaux annexes. Vous travaillez beaucoup sur des couvertures de romans chez J’ai Lu et plus récemment chez Rivière Blanche. Peut-on s’attaquer à n’importe quelle couverture ou faut-il avoir un minimum de sensibilité vis à vis de l’œuvre ? Il y a, à mon sens, deux points essentiels au fait que l’on puisse réaliser ou non une couverture. Il faut effectivement que le récit nous parle, et il faut avoir les moyens visuels de représenter ce qui est demandé par la maison d’édition. Partant de ce principe, on peut, je crois, réaliser n’importe quelle couverture.
- Enfin, vous avez un passif très grand dans l’image sous toutes ses formes puisque c’est votre formation de base. Mais après vos diverses participations ou réalisations déjà existantes, la bande-dessinée prend une place importante. Arrivez-vous à concilier toutes ces passions et avez-vous des projets cinématographiques en cours ? Mes projets cinématographiques sont plus rares ces temps ci car je me consacre énormément à la bande-dessinée. C’est vrai que c’est un support extraordinaire, et assez complet, où l’on devient tour à tour cadreur, décorateur, éclairagiste, costumier et parfois comédien. Mais je continue parfois de designer des robots pour des pubs, ou de concevoir les décors d’un long-métrage d’animation, en co-production avec les japonais. Je conçois également des jeux pour des magazines Ado. Voilà voilà …
- Merci beaucoup Jean-Michel d'avoir accepté d'inaugurer cette rubrique "Interviews".
Propos reccueillis par Erwelyn (Août 2007)
2008 Complexe du chimpanzé T2 (Dargaud)
Dernier Exil T1
Erwelyn
Hollywoodcomics : Jean-Michel Ponzio Interview filmée par la librairie Momie Folie
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One shot
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en cours
Terminé
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